Conserves de poisson

Les unités se fournissent plus au Sud

 

· Régression des captures à cause des changements climatiques

· Les armateurs préfèrent vendre aux mareyeurs

La pêche constitue assurément une des principales ressources pour l’ensemble du Royaume et en particulier dans la province de Safi. En effet, l’activité y fait vivre un nombre important de familles qui dépendent des métiers liés à la mer. Selon l’Office national des pêches (ONP), le secteur emploie environ 50.000 personnes dans cette région.
Plus précisément, la pêche occupe plus de 20.000 marins à bord des unités de pêche côtière et artisanale. Le reste est affecté aux chantiers navals, aux fabriques de glaces, dans les activités de manutention des produits de la pêche et au sein des différentes unités industrielles de traitement et de valorisation du poisson. Le secteur de l’industrie de pêche regroupe les activités de congélation et de surgélation, de la conserve, du conditionnement du poisson frais et de la fabrication de farine et d’huile de poisson.
La zone industrielle qui assure de l’emploi à 8.400 personnes, essentiellement des femmes, a réalisé en 2006 un chiffre d’affaires de près de 760 millions DH. Les 16 unités de conservation dans la zone appartenant à 8 sociétés constituent une plate-forme régionale de valorisation et d’exportation de poisson à destination des marchés essentiellement européens. Pour la petite histoire, le quartier industriel abritait 80 unités durant les années 70. Ces dernières sont aujourd’hui en forte régression.
La chambre de commerce d’industrie et des services (CCIS) de Safi vient de publier les résultats d’une étude sur le secteur. Il apparaît que l’industrie de pêche à Safi est un secteur de transformation limité. Et c’est parce qu’elle ne dispose que de trois activités principales et qui sont en l’occurrence la conserve de poisson pélagique, l’industrie de farine et d’huile de poisson et la congélation.
Actuellement, les conserveries doivent faire face à plusieurs défis. Les unités ont des difficultés d’approvisionnement car le poisson a tendance à se replier vers le Sud. Autre défi, l’introduction des nouvelles normes de qualité exigeant une traçabilité au niveau de l’ensemble du processus de production. D’autre part, des usines qui n’ont pas renouvelé leurs installations sont menacées. Et des sociétés en gestion à caractère familial ne se développent pas. Ces unités gagneraient pourtant à se mettre à niveau car le marché est devenu très réglementé à cause des exigences de la communauté européenne pour l’attribution de l’agrément d’export. Ces facteurs énumérés ont entraîné la fermeture de certaines unités industrielles. Sur 80 unités de conserves autrefois opérationnelles dans le quartier industriel, il n’en reste aujourd’hui que 16 unités appartenant à 8 sociétés.
D’autres contraintes sont apparues ces dernières années. Les conserveurs se plaignent notamment de l’insuffisance de la matière pélagique dans les eaux de Safi. Au cours des dernières années, le poisson a plutôt tendance à se replier vers le sud du Maroc à cause des changements climatiques. Ce qui oblige les unités de conserve à s’approvisionner à partir d’autres régions. Cette solution constitue un véritable problème pour les industriels sur les plans financier et qualité. En effet, l’approvisionnement demande des fonds importants et le transport et l’équipement frigorifique engage des coûts supplémentaires. La distance entre la source et la destination influence négativement l’état qualitatif de la matière première qui demeure une substance fragile et facilement pourrissante. Le marché du poisson est également devenu inconstant depuis la libéralisation du prix du poisson industriel, en janvier 2004. Par conséquent, les armateurs préfèrent de plus en plus vendre le poisson pélagique capturé aux mareyeurs puisque le prix qu’offrent ceux-ci est plus important que celui des conserveries.




Débarquements

Les entreprises spécialisées dans les activités liées à la pêche travaillent en sous-traitance avec des pays étrangers. Cela représente 40% de leurs commandes. Les débarquements des produits de la pêche côtière au niveau du port de Safi sont intéressants, malgré le repli du poisson vers le Sud à cause des changements climatiques. Selon les chiffres de l’Office national des pêches (ONP), 31.971 tonnes de poissons ont été pêchées en 2006, contre 21.691 tonnes en 2005. Soit une augmentation de 47,4%.

PAR :Mohamed RAMDANI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :