Tourisme sportif, Le surf parasité par l’informel

· 50 opérateurs sur 80 sont illégaux

· Le parachutisme sans fédération

ON ne compte pas moins de 23 millions de surfeurs dans le monde. Avec plus de 3.000 kilomètres de côte et du soleil dix mois par année, le Maroc est une destination qui s’impose d’elle-même. Mais voilà, le secteur de niche est ultra-parasité par l’informel. Les autorités ont beau avoir toute la volonté du monde, la situation est si délicate qu’elles doivent procéder très progressivement.
En effet, à partir de Safi jusqu’aux frontières sud du pays, le ministère du Tourisme et de l’Artisanat a pu dénombrer quelque 80 opérateurs. Sur le lot, au moins 50 travaillent dans l’illégalité la plus complète. «Ce sont des étrangers qui entrent au Maroc, munis de visas de touristes», explique Anas Damghi, de la direction des aménagements et investissements, du ministère du Tourisme et de l’Artisanat. Ces visas permettent aux opérateurs clandestins de demeurer en sol marocain pour une période maximale de six mois. «Après quoi, ils se relaient». La plupart du temps, ces faux professionnels louent des maisons pour héberger leur clientèle. «Sur les 5 dernières années, on estime le nombre de touristes venus surfer au Maroc à… un million!», avance Damghi. Malheureusement, plus de 600.000 d’entre eux seraient passés par le circuit informel. Comme il n’existe aucune trace de leur commerce, ces opérateurs sont intouchables. «Si on leur pose des questions, ils répondent seulement qu’ils sont venus surfer entre amis». Ceux-ci sont même blindés en cas d’accident, car ils sont toujours munis d’une assurance voyage privée.
Le ministère du Tourisme et de l’Artisanat a donc choisi de travailler en collaboration avec la Fédération des sports nautiques du Maroc, et d’attribuer un label aux entreprises opérant dans le domaine. «Il faut sensibiliser les intervenants, encourager ceux qui sont en règle. Faute de mieux, c’est la voie que nous avons choisie pour contrer l’anarchie qui règne dans le secteur», explique Damghi.
Mais le surf n’est pas le seul sport de niche à souffrir d’un manque d’encadrement. Le Parachute Air Club de Marrakech (PACMA), maintenant installé à Béni Mellal, s’appuie sur la Fédération française de parachutisme (FFP). Et pour cause! La Fédération royale d’aviation civile légère et sportive, à laquelle il est affilié, sommeille depuis quatre ans. «C’est donc la FFP qui assure l’encadrement, certifie les moniteurs et délivre le label qualité et sécurité», explique le président Karim Zaz, aussi PDG de Wana. D’autres obstacles freinent également le développement du PACMA. Premièrement, le coût et la durée du trajet entre l’aéroport de Casablanca et Béni Mellal. «Cela prend trois heures en taxi, et coûte aussi cher que le billet d’avion Paris-Casablanca», déplore Zaz. Bien que la wilaya de Béni Mellal ait financé la construction d’un hangar, le site n’est toujours pas muni de cuves enterrées, ce qui complique l’approvisionnement en kérosène. Le PACMA, dont le caractère est associatif, a tout de même réussi à s’imposer. Pendant la dernière saison, le club a reçu 2.000 parachutistes, dont toutes les équipes de France. Cette clientèle a permis à la ville de Béni Mellal de réaliser 15.000 nuitées. L’ambition de Zaz et de son équipe est très claire: devenir une plate-forme de référence pour le parachutisme hivernal et, si possible, répéter l’expérience en été dans l’une des villes du plan Azur.




Lentement mais sûrement

LES encouragements dédiés au secteur du surf demeurent faibles, certes, mais les retombées portent leurs fruits. À Safi, un investissement de 15 millions de DH a permis de développer l’activité. En 2006, la ville a accueilli 750 surfeurs contre 260 en 2004. Idem du côté de Mirleft, où deux millions de DH ont fait passer le nombre de touristes surfeurs de 500 en 2005, à 1.000 en 2006.

PAR : Marie-Hélène GIGUÈRE

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