Safi: La réhabilitation de la médina s’accélère

 

· Recasement, restauration et aménagement au programme

· Un investissement de 67 millions de DH

La médina de Safi s’offre une cure de jouvence. D’importants travaux de rénovation sont en cours pour redonner à la vieille cité son lustre d’antan. Avec son «Château de la mer», elle est considérée comme un joyau architectural. Un joyau qui a, certes, souffert des affres du temps. La capitale des Abdas, qui a l’ambition de devenir une destination touristique privilégiée, mise sur le site pour conquérir les visiteurs. Si, du point de vue architectural, c’est pratiquement acquis, les habitants et les responsables locaux estiment que le processus passera à la vitesse supérieure si le port minéralier est délocalisé. Un projet réclamé à cor et à cri depuis plusieurs années. Il est actuellement en discussion par le gouvernement (cf.www.leconomiste.com) et, s’il aboutit, cela permettra à la médina de s’ouvrir encore plus sur l’océan et de développer le tourisme de croisière dans le port de plaisance déjà aménagé.
Pour l’heure, les engins et les artisans doublent la cadence pour terminer les travaux de réhabilitation dans les temps. Une enveloppe de 67 millions de DH est allouée à ce chantier. Déjà, les réseaux de l’assainissement liquide, de l’eau potable, de l’électricité et de téléphone ont été restructurés.
Par ailleurs, l’ambassadeur du Portugal à la tête d’une délégation a récemment visité la médina de Safi. Et une convention a été signée avec le ministère de la Culture pour réhabiliter la cathédrale gothique portugaise pour un montant de 3 millions de DH. A noter que des fouilles archéologiques dans la zone sont annoncées. Les archéologues devraient démarrer incessamment leurs recherches. La restauration de la grande mosquée et de son minaret, construits en 1860, et de l’église espagnole est aussi à l’ordre du jour. Les portes de la ville, les places, les ruelles et autres mobiliers urbains ne seront pas oubliés.
La mise en place d’un musée est aussi au programme pour un budget de 1,5 million de DH. Par ailleurs, les cinq kissariats (galeries commerçantes) de l’ancienne ville seront revalorisées. Il s’agit des kissariats Labbiba, Kouwar, El-Ahbas, Sikar et du fondouk Lahbas. A noter que les activités des quelque 600 commerçants à l’intérieur de l’enceinte seront aussi réorganisées. Il est également question du traitement des façades pour préserver leur cachet architectural antique. Déjà des étrangers sont très intéressés pour aménager des maisons d’hôtes dans les riads de la médina.
Mais l’urgence, actuellement, c’est le relogement des familles habitant dans des maisons menaçant ruine. Un premier groupe de 67 ménages, désignés par tirage au sort, a été évacué en priorité. Ces derniers vivaient dans des conditions de précarité extrême. Des lots de terrains R+2 leur ont été accordés. Ils ont par ailleurs bénéficié d’un don de 20.000 DH pour louer un logement le temps que durera la construction de leur nouveau toit. Une construction assurée par une tierce personne. En retour, ils résideront au rez-de-chaussée pour laisser l’étage supérieur au constructeur. Le projet est supporté par le ministère du Commerce et de l’Industrie dans le cadre du plan Rawaj, de l’Initiative nationale de développement humain (INDH) et par le ministère de l’Habitat. Pour ce faire, un premier budget de 19,7 millions de DH a été débloqué. Des arrêtés de démolition des maisons menaçant ruine ont déjà été diffusés.
Un peu d’histoire

La fondation de l’ancienne ville est problématique selon des études de scientifiques dans le domaine. Son histoire antique, en l’absence de documents ou de vestiges probants, se résume à des hypothèses basées sur des mythologies. Des éléments archéologiques témoignent certes de l’occupation du site dès l’époque phénicienne. Mais ils demeurent, de l’avis des chercheurs, insuffisants pour plaider en faveur de l’existence d’une ville ou d’un port.
C’est à partir du XIe siècle que Safi sort de la mythologie pour émerger sur la scène de l’histoire. Vers 1095, le géographe Al Bakri décrit un petit port en gestation. Un demi-siècle plus tard, Charif Al Idrissi parle alors d’une ville fort peuplée. A partir de cette date, le développement de Safi a été parallèle à celui de Marrakech, capitale des Almoravides puis des Almohades. Le port devint alors le trait d’union entre le commerce maritime avec l’Andalousie et le commerce transsaharien via Marrakech.

Mohamed Ramdani

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