Le corps & l’esprit: Festival : Des lumières cinématographiques à Safi

IL est vrai que les festivals du cinéma sont plus qu’importants, en ce qu’ils permettent de renouer ce lien entre le public et le grand écran, de favoriser le contact et l’échange entre les différents acteurs du secteur cinématographique à savoir les producteurs, les cinéastes, les comédiens et les critiques. Il est vrai également que ces rencontres permettent aux cinéphiles de voir des films qui, très souvent, souffrent des problèmes de la distribution surtout à l’échelle du Maroc. Tel est le cas, entre autres, de la sixième édition du Festival des Lumières de Safi, laquelle s’est déroulée entre le 29 mars et le 05 avril, 2008, et dont le programme était à la fois varié et prometteur.

Nombreux sont les pays qui, en effet, ont été représentés lors de cette édition. Du Maroc : « Adieu mères ! » de Mohamed Ismaïl et « En attendant Pasolini » de Daoud Oulad-Syad. D’Egypte : « In the Héliopolis » de Mohamed Khan et « None but that » de Khaled El Haggar. Du Liban « Caramel » de Nadine LABAKI. De l’Algérie « Cartouches gauloises » de Mehdi Charef. De France : « Une fille coupée en deux » de Claude Chabrol et « Le fils de l’épicier » d’Eric Guirado. De la Suisse : « La Vraie vie est ailleurs » de Frédéric Choffat. De Belgique : « Formidable » de Dominique Standaert . De Tunisie : « Elle et lui » de Elyes Baccar. Ces onze longs métrages ont été l’objet des supputations de quatre jurys : officiel, junior, critique et presse. Ensuite, des hommages ont été rendus à de nombreuses personnalités du septième art dont Aymen Zaidane (Syrie), Hassan Hosni (Egypte), Nourredine Sail et Hamid Bennani (Maroc), Jean Jacques Andrien (Belgique). Aussi, un atelier sur la direction de l’image a été animé par Fadel Chouika ; un deuxième sur l’écriture du scénario par Frédéric La Forgue et un troisième sur la formation de l’acteur par Rabie Kati.

La sixième édition était également l’occasion de commémorer « 50 ans du cinéma marocain », dont feu si Mohamed Ousfour était l’un des pionniers avec son premier long métrage « Le Fils maudit » produit en 1956 et sorti en 1958. C’est pourquoi, les organisateurs ont trouvé bon de consacrer une « table ronde » au cinéma marocain afin d’en évaluer les acquis et les enjeux. Ont pris part à ce débat Ahmed Araib, Mohamed Dahane, Sarim Fassi Al Fihri et Hamid Bennani. En effet, le premier a mis l’accent sur l’évolution du CCM et sur l’histoire du cinéma marocain en insistant sur deux phases cruciales dans la production cinématographique marocaine, à savoir 1958 « Le Fils maudit » et 1970 « Wachma » de Hamid Bennani et sur le rôle incontournable des festivals qui, selon le responsable au CCM, combleraient le vide qu’a provoqué le recul des ciné-clubs. Le second intervenant s’est intéressé aux thèmes traités par les réalisateurs marocains, comme l’enfance, la femme, le déracinement, l’urbanisme et ses conséquences.

Mohamed Dahane a souligné, par ailleurs, que la matière historique a rarement été l’objet de prédilection des cinéastes marocains. Et si Sarim Fassi Al Fihri a abordé les problèmes et les contraintes de la production au Maroc, Hamid Bennani, quant à lui, s’est passionnément exprimé sur son parcours cinématographique en mettant en exergue son expérience au ciné-club de Meknès et celle de Sigma 3 en compagnie de Mohamed Tazi, Ahmed Bouanani et Mohamed Sekkat. Pour lui, deux noms sont indélébiles : Ahmed Belhachmi et Nourredine Sail, du fait de leur contribution fort déterminante dans sa carrière cinématographique. Certes, on ne peut nier la qualité du festival de Safi, tant sur le plan de l’organisation que sur celui de la programmation. Cependant, certaines remarques semblent nécessaires.

La salle des projections ne répond nullement aux attentes des cinéphiles ni à celles des invités d’une telle manifestation.

Excepté les deux rencontres avec Mohamed Ismail et Daoud Ooulad-Syad, le public n’a pas eu la chance de discuter les autres films. On note également l’absence des films de l’Afrique du sud. Il y a eu la programmation des films qui ne répondent pas aux critères de la francophonie (et dont le sous-titrage est même en anglais).

L’absence de certaines personnes : Nabila Abid, Tayeb Laalej « raison de santé » selon Souad Hamidou ou « des engagements » pour Rabie Kati et autres, surtout que cela influe négativement sur le déroulement de la cérémonie de clôture (remise des prix).

Des hommages en surnombre portent atteinte à la crédibilité d’une telle action.

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