Présentation du projet du Centre national de la mer «Atlantis»

Le 17 mai 1970, le savant norvégien Thor Heyerdhal est parti de Safi à bord d’un bateau baptisé “RA II », confectionné en papyrus, avec un équipage international (américain, soviétique, égyptien, italien, mexicain, japonais et le Marocain Madani Ait Ouhani) sous pavillon onusien

Plusieurs semaines plus tard, le RA II a gagné les Amériques, et plus précisément la ville de Bridgetown dans la Barbade.

Heyerdhal qui avait déjà traversé le Pacifique à bord d’une embarcation
similaire le Kon Ti Ki voulait prouver, entre autres, que les océans n’ont jamais été une barrière entre les peuples et que la civilisation humaine résulte de ce brassage aussi dynamique que pérenne.
RA II a été construit au Maroc par des pêcheurs boliviens selon la pure tradition de l’Egypte antique. Une première tentative avait été effectuée pour traverser l’océan Atlantique 10 mois auparavant, à bord d’un premier bateau RA I. Ce dernier avait été construit par des pêcheurs de la rivière Tchad en Ethiopie.
Pour RA II, ils avaient fait appel aux Indiens du lac Titicaca, le seul endroit au monde où l’on navigue encore dans des barques en joncs.

Désireux d’enraciner concrètement cet idéal et profitant d’un cadre de jumelage entre les villes de Safi et de Boulogne-sur-Mer en France, laquelle abrite un des Centres de la mer les plus performants, en l’occurrence NAUSICÄA, un expert dudit centre a assisté depuis un an l’Association «Les Amis de Thor Heyerdhal» pour mettre au point le concept d’un centre national de la mer à Safi à savoir «L’Océan passerelle de civilisations».

Ainsi, une cérémonie de présentation officielle du projet du «Centre national de la mer,  Atlantis» a eu lieu le jeudi 8 mai 2008 à la Bibliothèque régionale de Safi. La cérémonie a commencé par une allocution de bienvenue du Larbi Sabbari Hassani, wali de la région Doukkala-Abda et gouverneur de Safi, dans laquelle celui-ci a rappelé l’historique et le cheminement de l’idée d’un Centre dédié à la mer à Safi, partant de la commémoration de l’expédition de Thor Heyerdahl: celui-ci, en 1970, avait rejoint les Amériques, sur un bateau en papyrus, le Ra II, parti de Safi. Cette réunion est familiale et technique car elle montrera le fruit de plusieurs mois de réflexion et de travail.

De son côté, l’ambassadeur du Royaume de Norvège au Maroc, Aarne Anshheim a réitéré l’excellence des relations entre son pays et le Maroc. Il insista, en outre, sur «l’apport de la mer pour la Norvège, pays riche grâce à celle-ci». Aïcha Amara, présidente de l’association les «Amis de Thor Heyerdahl» a, de son côté, rappelé le message du savant et navigateur, basé sur l’idéal de paix entre les peuples.
La seconde partie fut réservée à des interventions ciblées plus particulièrement sur le sujet de Safi, la mer et le Centre.
D’abord, Mina El Mghari, représentant l’Unesco-Maroc, a exposé un large historique sur les rapports du Maroc avec la mer, disant qu’il est nécessaire de préserver cette mémoire et de l’intégrer dans un processus de valorisation via un tourisme culturel entre autres.
Ensuite, ce fut le tour du Pr Halim qui a démontré la nécessité de retourner à la mer, source de beaucoup de bienfaits.

La 3e intervention fut celle de Philippe Vallette, General Manager du Centre national Nausicaä à Boulogne sur Mer (France), qui a assisté l’association depuis le début, dans sa démarche. L’intervention de cet expert a porté sur l’aspect rentabilité économique et sur l’image de marque. La ville de Boulogne sur Mer, d’ailleurs jumelée avec Safi, a fait un lourd investissement préalable dans Nausicaä, mais, statistiques à l’appui, cela s’est révélé une très bonne affaire.
Enfin, le secrétaire général de l’association, Saïd Laqabi, présenta le sommaire du projet Atlantis. Après plusieurs séances de travail, un concept fédérateur inspiré de la pensée de Thor Heyerdahl a été élaboré: «l’Océan, passerelle entre les cultures». À partir de cela, il a fallu définir les grands objectifs qui vont être déclinés concrètement par la suite :
1- Préservation de la mémoire maritime du Maroc
2- Espace d’animation (aquariums, jeux…)
3- Observatoire écologique et de recherche
4- Centre de recherche et de vulgarisation.
En ce qui concerne la dénomination, «Atlantis», alias Atlantide, celle-ci se base sur un des mythes marins les plus transversaux. Chaque civilisation, avant et après Platon, raconte sa propre légende sur cette civilisation maritime disparue.

Architecture moderne

En ce qui concerne l’architecture, et partant du principe qu’un centre pareil se doit d’être aussi un lieu d’émerveillement, l’idée d’une forme d’étoile de mer a été proposée : le cœur serait le Maroc et les 5 branches, les 5 continents.
De surcroît, une association espagnole partenaire a proposé une autre idée d’un Centre sous forme d’un cétacé.

Après, cette présentation, l’idée de passer à la seconde partie de la méthodologie semble acquise : une étude de faisabilité qui nécessite des fonds et du savoir-faire pour mener à bon port cette aventure s’impose.
Notons qu’à l’entrée de la salle, les 3 maquettes des bateaux utilisés par Thor Heyerdahl étaient exposées : il s’agit des répliques du Kon tiki, du Ra et de Tigris gracieusement offertes par Mme Heyerdahl.

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