Communication de Mr Abdellah FILI, lors de la signature de convention de coopération entre l’Université Chouaib Doukkali, l’Université de Coimbra et l’Institut Camoes

 
Cette communication a été présentée lors de la cérémonie de signature de convention de coopération entre l’Université Chouaib Doukkali et l’Université de Coimbra, l’Institut Camoes et la Délégation régionale du ministère de la culture d’El Jadida

"Gestion, préservation et valorisation du patrimoine maroco-lusitanien" Par Abdellah FILI, enseignant à la faculté des lettres et des sciences humaine de la l’université Chouaib Doukkali

Je suis heureux de faire partie de cet événement important à plus d’un titre pour nos deux universités et pour leurs partenaires respectifs. Je suis d’autant plus heureux que nous allons bientôt célébrer le 240e anniversaire de la libération de Mazagan. Evènement qui a scellé une période mouvementée de notre histoire commune pour ouvertement s’engager dans l’entente mutuelle.

Cette longue histoire a laissé des traces, parfois symboliques, linguistiques et matérielles dont la conservation et la mise en valeur répond avant tout à une finalité essentiellement culturelle. Quelle place ces vestiges tiennent-ils dans notre histoire, en quoi sont-ils emblématiques d’un thème scientifique, d’une période, d’une activité laborieuse ou spirituelle ?

De plus, la conservation du patrimoine se révèle un élément du développement économique. Donc si la conservation des biens constitue une charge, elle est aussi une source de revenus, de création d’emplois et un facteur important de l’amélioration du cadre de vie.

Le patrimoine maroco-lusitanien dont les vestiges ponctuent une très grande partie de notre région, est, pour elle, un atout principal au niveau culturel, en absence d’événement de valeur internationale dans ce domaine.

Les recherches sur ce patrimoine ont pratiquement toujours été une aventure individuelle. Les recherches collectives sont très peu nombreuses et les travaux de synthèse aussi. On constatera également que l’évolution de l’architecture portugaise pendant les deux siècles et demi de sa présence à Mazagan, n’est pas encore élucidée.

La question d’accès aux archives et surtout la maîtrise de la langue portugaise est posée avec acuité. Et je me réjouis des conséquences attendues de l’application de la convention signée aujourd’hui sur le renouvellement des problématiques posées par le patrimoine maroco-lusitanien.

Pourquoi le conserver ? Qui en prend l’initiative ? A quel public s’adresse-t-on ? Ces préoccupations rejoignent les politiques liées au développement. Celui-ci est sensé pouvoir amener une société à répondre de mieux en mieux aux besoins de ces membres.

Sur une masse considérable d’études et recherches sur le patrimoine maroco-portugais qui ont largement participé à la révision et aux compléments des connaissances sur l’histoire régionale, force est de constater que le nombre de découvertes et de sites archéologiques valorisés demeure très marginal. Et ce sont souvent des exemples d’ampleur limitée (El-Jadida, Safi…), qui manquent de supports et d’aménagements pédagogiques nécessaires pour mieux les présenter au public.

La conservation du patrimoine est une prérogative du ministère de la culture mais cette prérogative décisionnelle n’empêche pas l’engagement d’autres intervenants dans la réflexion de fond et dans la réalisation et le financement. Il est aussi important d’associer à cette responsabilité la population. Ainsi, la valorisation du patrimoine s’inscrit donc désormais dans « une perspective de politique intégrée, d’attractivité et de dynamisation des territoires".

Le rôle de notre université est vital pour un projet de protection et de valorisation. Il est important dans le domaine de la formation aux métiers du patrimoine en collaboration avec les institutions de tutelle au niveau régional, national et international.
Il est nécessaire que cet engagement dans une formation de qualité soit doublé d’un soutien financier direct aux recherches dans ce domaine. Jouissant d’une valeur morale et symbolique encore intacte, l’université peut mobiliser le tissu socio-économique pour contribuer à ce projet bénéfique pour tous.

La question de la valorisation et de la médiatisation des résultats n’est pas du tout prise en compte pour le moment. Et l’université peut fortement y contribuer. On ne saurait en effet se satisfaire de la réalisation d’enquêtes concourant au décryptage de notre identité culturelle et nationale sans que celles-ci ne se réalisent en concordance avec leur finalité première, c’est-à-dire l’histoire que nous pouvons restituer à nos concitoyens.

C’est ainsi, peut-être, que le patrimoine maroco-portugais pourrait devenir un enjeu premier en terme de stratégie de développement durable de notre région.

 

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