Soutien médical et social pour défier la déperdition scolaire. L’AREF lance sa 3e caravane régionale mobile

L’Académie régionale des Doukkala-Abda a organisé les mardi 16 décembre à El Jadida et jeudi 18 du même mois à Safi la Caravane régionale mobile dédiée à la lutte contre la déperdition scolaire. Etaient ciblés par cette louable initiative les régions où les indicateurs de ce phénomène dépassent la barre des 11%.
Pour combattre ‘’l’ennemi », l’académie a prévu cette année tout un arsenal de mesures. Il s’agit de la sensibilisation, du soutien médical et de l’appui social aux élèves issus de ces régions, dans l’espoir d’endiguer ou du moins réduire le taux de la déperdition qui ravage les communes de Jabriya et de Mtal de la province d’El Jadida et celle d’El Gantour à Safi. Le phénomène d’abandon scolaire est très complexe.

Par conséquent, il très difficile d’identifier exactement ses causes et élaborer une liste exhaustive des raisons qui poussent les enfants à quitter l’école. Mais parmi les causes, on peut citer  la faiblesse du revenu familial, l’éloignement des écoles et des collèges, le mariage précoce des filles, les dissensions entre les parents, facteurs qui provoquent le déséquilibre émotionnel de l’enfant et l’apparition des comportements déviants chez lui.

Cependant, beaucoup de personnes attribuent en grande partie ce phénomène à l’ignorance des parents qui n’ont pas conscience de l’importance de l’éducation.Selon le recensement de la population, effectué en 2004, environ un million d’enfants âgés de 9 à 14 ans sont non scolarisés. A cette masse d’analphabètes formée par les jeunes en âge de scolarité, il faut ajouter les 400.000 enfants qui quittent annuellement les bancs de l’école (ils étaient 368.000 en 2004-05).

C’est vrai que le taux net de scolarisation durant le cycle primaire a augmenté de 30% au cours des 10 dernières années et l’écart entre filles et garçons s’est réduit de 14 à 5 points. Malheureusement, le taux d’analphabétisme reste très élevé: 48% au niveau national, 67% en milieu rural. 39,5% des jeunes filles de 15 à 24 ans sont analphabètes, dont près de 50% en zones rurales. Quant au cycle préscolaire, il n’accueille que 50,8 % des enfants de 4 et 5 ans. Dans les Doukkala-Abda, l’analphabétisme bat son plein. Son taux dans cette région est de 52,6% et à El Jadida, il est de 55,2%, soit 10 points de plus que le taux moyen national.

Des efforts, comme en témoignent les statistiques sont, certes, déployés, mais ils restent très en deçà des objectifs et des espérances. Alors, face à cette situation, l’académie concentre ses efforts et ses ressources, ces trois dernières années, sur la qualité de l’éducation comme stratégie de lutte contre l’abandon scolaire. Ainsi, après le succès retentissant de la première et deuxième caravanes de lutte contre l’analphabétisme et la déperdition scolaire, l’académie a lancé cette troisième campagne sous le thème «Soutiens médical et social pour défier la déperdition scolaire». Dans ce contexte, plusieurs établissements scolaires du secondaire et du primaire ont eu la chance de bénéficier de cette caravane marquée par une présence forte de tous les acteurs concernés et à leur tête le directeur de l’académie, le Dr. Mohamed Mâazouz, qui était accompagné à El Jadida et à Safi par les deux délégués provinciaux du secteur de l’enseignement scolaire, respectivement Merzaki Bendaoued et Brahim Jaouhari.

Ainsi, à la commune de Jabriya, la 3e caravane régionale mobile a connu en plus d’un don de capuchons imperméables, la distribution de 400 cartables garnis, de 70 bicyclettes, ainsi qu’une soixantaine de paires de lunettes après des visites médicales effectuées par un staff médical mobilisé à cet effet. Le directeur de l’académie a, par la même occasion, inauguré à l’école centrale Souani une bibliothèque équipée d’environ 400 livres et d’un ordinateur, alors que plusieurs partenariats devraient être signés avec d’autres intervenants dans le domaine scolaire. La même action a été répétée jeudi dans la province de Safi au grand bonheur des élèves de la commune El Gantour, où plusieurs établissements scolaires dont le collège Abou Bakr Essaddik, l’école centrale Al Inbiâate et le groupe scolaire Sidi Ahmed, ont bénéficié de dons de cartables, de bicyclettes et de visites médicales prévues à cette occasion.

Partout où cette 3e caravane mobile est passée, ‘’les graines d’espoir » semées depuis la première édition, commencent à faire apparaître ‘’leurs bourgeons » et promettent beaucoup. L’engagement de toutes les autres composantes du système scolaire dans la région des Doukkala Abda (élèves, parents, associations et enseignants) de combattre ensemble et jusqu’au bout la déperdition scolaire est unanime.

Cette caravane sillonnera aussi les différentes zones de la région, notamment celles les plus reculées et qui connaissent des taux élevés d’analphabétisme et de déperdition scolaire. Cette noble action rentre dans le cadre de la mise en œuvre des Hautes orientations tenues dans le discours royal sur la réforme de l’éducation et les dispositions de la Charte nationale de l’éducation et de la formation dans ses textes n° 20,21 et 22.

Dans son intervention, le Dr. M. Maâzouz a lancé un appel à la presse, à toutes les composantes de la société civile, aux forces vives, aux associations, à tous les intervenants dans le domaine scolaire et aux élus de la région pour adhérer à cette action noble afin d’éradiquer l’analphabétisme et l’abandon scolaire qui portent préjudice à notre identité et au développement économique du pays. Pour y parvenir, les efforts devraient être conjugués et harmonisés, a-t-il déclaré. Il a annoncé que l’AREF, qui adopte une méthodologie s’appuyant sur une politique de proximité et de concertation, est et sera toujours à l’écoute des différentes composantes de la société et les différents partenaires pour diagnostiquer les problèmes, leur trouver des solutions et définir clairement la voie à suivre afin de prévenir l’échec.

De son côté, Bendaoud Merzaki, le délégué provincial du ministère de l’Éducation nationale à El Jadida, a rappelé que, conformément aux Hautes orientations royales, le gouvernement s’intéresse vivement aux mesures visant à endiguer le phénomène du ‘’décrochage scolaire » et d’analphabétisme. Il a aussi signalé que le manque d’éducation d’une partie des enfants correspond à une réduction du capital humain du pays et à un manque à gagner du Produit interne brut et des possibilités de croissance économique du Maroc.
A la fin de son intervention, il a insisté sur le fait de l’amélioration de la qualité de l’école. Mais cela, selon lui, ne peut se réaliser sans la participation de tous les acteurs de l’éducation: les enfants, les familles, les responsables locaux, régionaux et centraux de l’institution éducative, les élus locaux et le secteur privé qui devront tous s’engager, selon leurs responsabilités et moyens, à mettre en œuvre leurs plans pour une école de qualité.

Quant à Brahim Jaouhari, délégué provincial du ministère de l’Éducation nationale à Safi, il a noté que «les chiffres rassurants dont nous disposons sur la rentrée scolaire et la réduction du taux de l’analphabétisme dans la région des Doukkala-Abda grâce à cette caravane régionale mobile sont certes réjouissants, mais ne doivent pas nous empêcher de nous mobiliser d’avantage pour aller plus vite dans la réalisation d’un enseignement de qualité et mettre fin aux deux graves phénomènes: t l’illettrisme et l’abandon scolaire…».

Les bases du comportement civique

Notre pays s’engage, inexorablement, dans un renouveau certain de développement et de réformes, dans une démocratie solide, respectueuse de la loi et de valeurs de notre patrie.

Par conséquent, l’école marocaine est appelée à œuvrer à l’élaboration et à la consolidation d’une culture citoyenne où les notions de liberté, de tolérance, de paix, de solidarité et de dialogue doivent continuer à «se vivifier».
Selon M. Maâzouz, «l’éducation à la citoyenneté fait partie intégrante des missions de l’école ; elle constitue un apprentissage en termes de connaissances et de valeurs à transmettre, mais aussi de pratiques et de comportements. Elle est déclinée à tous les niveaux de la scolarité: à l’école primaire, au collège et au lycée. Elle permet la connaissance de l’environnement, la formation aux règles de la vie en société, la socialisation des jeunes. À ce titre est proposé un vaste éventail d’activités diversifiées dans la classe et hors de celle-ci».

Selon lui aussi, «l’éducation à la citoyenneté doit inciter les élèves à agir et à vivre ensemble à travers des actions concrètes leur permettant de construire des espaces de citoyenneté. Cette prise de responsabilité trouve tout particulièrement à s’exprimer dans le cadre des opérations de sensibilisation. Réparties tout au long de l’année scolaire, ces manifestations sont une occasion privilégiée pour les élèves d’élargir leur horizon vers le champ de la responsabilité collective; elles permettent aux jeunes de mieux appréhender l’environnement dans lequel ils vivent, de développer leur sens de la solidarité dans une perspective nationale, de faire un travail de mémoire dans un but pédagogique et éducatif, voire de s’engager dans des actions qui concrétisent leurs connaissances dans le cadre d’un exercice effectif de la citoyenneté».

Par Abdelmajid Nejdi
 

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