EDMOND AMRAN EL MALEH

Edmond Amran El Maleh, écrivain marocain « qui écrit en français » né en 1917 à Safi, fait partie de ces auteurs dont l’oeuvre demeure injustement méconnue en France si, dans son pays d’origine, elle est célébrée. La venue tardive d’El Maleh à l‘écriture, tout au moins à celle de la fiction, car on lui connaît par ailleurs une collaboration régulière au Monde outre de nombreux essais où la critique d’art tient une bonne place, explique peut-être cette méconnaissance. Au demeurant, l’écriture d’Edmond Amran El Maleh n’est pas d’un abord aisé et son appréhension exige une pratique assidue pour en approcher le mystère ; sa prose poétique réclame peut-être une lecture à voix haute, afin d’éprouver son rythme et de s’imprégner du souffle qui l’anime.

Cependant, tout est loin d’être dans l’incantation, car l’humour maléhien sert de contrepoint à toute gravité inconvenante et déploie l’art de la fugue pour échapper à l’enfermement générique. L’auteur pratique le récit protéiforme, procédant à la fois de l’autobiographie, de l’autofiction, de la fiction allégorique, du poème. Le commentaire interne ou externe de sa propre oeuvre crée une scène de réception qui ouvre des perspectives de lectures multiples au lieu de les cloisonner.

Marocain juif, El Maleh revendique hautement sa culture arabe et berbère. Le « juif oxymoron », comme il aime à se qualifier lui-même (cf. ses Entretiens avec Marie Redonnet, Publications de la Fondation Edmond Amran El Maleh, Grenoble, La Pensée sauvage, 2005), est plus qu’une simple voix minoritaire : c’est une singularité qui n’en finit pas de déconstruire les apories identitaires, les carcans taxinomiques, en leur opposant une écriture libérée des modes et fuyant les protocoles de réception convenus.

L’intérêt d’El Maleh pour l’art et la mystique, sa réflexion incessante sur ce que pourrait être un dialogue des cultures en font une figure essentielle du Maroc contemporain. Pour tenter de faire le point sur cette écriture rare et précieuse, nous proposons d’aborder l’oeuvre à travers sa double facette : fiction vs non-fiction.

Voici quelques pistes qui pourraient être explorées :

· la mémoire à l’oeuvre dans l’écriture maléhienne ;

· humour et ironie chez El Maleh : une poétique de la subversion ;

· de l’écriture impossible au récit de tous les possibles ;

· El Maleh lecteur de ses pairs (Khair-Eddine, Jean Genet, etc.) ;

· le jeu de l’intertexte dans la fiction d’El Maleh ;

· El Maleh et les arts plastiques ;

· El Maleh et la pensée philosophique de son temps.

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