Adnan Saigh : La poésie est une révolte de l’âme, un état d’émotion qui advient

La poésie est un cri de l’âme, exprimant un état d’émotion qui advient, a soutenu le poète irakien Adnan Saigh, lors d’une rencontre culturelle, récemment à Safi.

"Le poète ne peut ni maîtriser cet état ni l’assujettir à une quelconque équation chimique", ironise ce poète, auteur du recueil "Nachid Uruk".

"Je penche pour le vers improvisé et spontané. Si on fait supporter une charge au poème, il meurt", a-t-il mis en garde.

Saigh épouse la métaphore pour expliquer son propos: l’effet de la poésie est semblable à l’aile d’un papillon ou encore à un souffle printanier: il s’éteint, dès lors qu’"on lui fait supporter une charge".

Pour les genres d’écriture dans la poésie et la répartition entre le poème classique et en prose, Saigh estime que le poète devrait donner libre cours à son texte et ne s’imposer aucun genre, parce qu’en définitive, "c’est le poème, par lui-même, qui définit sa forme", elle lui est consubstantielle.

Saigh a estimé, lors de cette rencontre au Café littéraire de Safi lors de laquelle il a donné lecture de plusieurs de ses poèmes, que la prose est un des arts "des plus ardus" auquel est confronté le poète.

Le poème en prose est un "texte nu qui dévoile" le sens, contrairement au vers classique où "certaines défaillances sont dissimulées dans le texte", a-t-il fait remarquer.

En dépit de sa profondeur et de sa difficulté, la prose, poursuit Saigh, reste un genre "ouvert" et "des plus perméables aux contradictions de notre siècle. Elle est parvenue à casser les jougs : elle est venue au monde libre".

"La prose a un avenir devant elle", reste confiant le poète irakien. En témoignent, a-t-il dit, "toutes ces écoles de poésie universelle qui tentent de casser les jougs pour s’orienter vers un espace de liberté que renferme le texte en prose plus que tout autre genre en poésie".

Saigh a également invoqué "la liberté comme condition sine qua non à la créativité" et "l’être" dans ses expressions de joie et de tristesse, qui peut être, a-t-il noté, "un moteur de création lui permettant de relever les défis et faire passer sa douleur par les passoires de l’écriture et de la création".

Natif de Koufah (1955), Adnan Saigh a quitté l’Irak en 1993, pour se diriger vers plusieurs capitales dont Amman et Beyrouth et s’installer définitivement à Londres, depuis 2004.

Figurent parmi ses nombreuses publications "Intadirini Tahta Nassb El Hourriya", (Attends-moi, sous la Stèle de la Liberté), "Oughniyat Ala Jisser El Koufah" (des chansons sur le pont de Koufah),
"El Assafir la Touhibou Arrassass" (les oiseaux abhorrent les armes).

MAP

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