La forteresse d’Ayir dans  » safi et ses régions  » de son auteur Med Ben Ahmed ELKANOUNI Laabdi

L’ouvrage "Safi  et ses régions" intitulé en arabe  {ASFI WA MA ILAYH KADIMAN WA HADITAN} de l’historien safiot  Med Ben Ahmed ELKANOUNI LAABDI consacre à Ayir  notamment son histoire et son état lors de la présence portugaise quelques lignes qui présentent  la région et sa situation  de jadis.  L’auteur de "Safi  et ses régions" est originaire de la tribu WLED ZID qui avoisine  la région côtière d’Ayir,  laquelle tribu est fameuse pour son hostilité vis-à-vis du despotisme du Caid de la région d’Abda Aissa Ben Omar. Les crispations au niveau des relations entre le Caid et la tribu WLED ZID trouvent  ses manifestations entre autres  dans  les chants (l’appel) de  Hada ELGHIYATYA dite Kharboucha, fière d’être née à  WLED ZID comme en témoigne ses chants. Par le biais de ceux-ci Kharboucha protestait contre l’autorité abusive du Caïd ce qui lui a valu en fin de compte sa vie.

L’auteur de l’ouvrage  s’est intéressé de surcroît à la littérature et à la vulgarisation religieuse  faite pendant son séjour à Safi au mausolée  de Med Abou Salah.

Les portugais et Safi  

Au IX siècle de l’ère musulmane et   à l’ébauche de l’état des Wattassides la situation du Maroc  connaissait une détérioration qui a touché foncièrement tous les secteurs de la vie, ce qui a permis aux Portugais de coloniser et exploiter la plupart de ses côtes vu les ressources qui s’y trouvaient et la proximité de la mer. Safi, en outre, subissait le même sort que les autres villes  du royaume à tel point que la ville de la sardine connaissait ce qu’appelle Med Ben Ahmed ELKANOUNI LAABDI le trépas  moral. Les partis n’ont pas pu mener à bien le bateau de la politique de Safi ; chose qui trouvait ses expressions dans les relations conflictuelles reliant les partis qui constituaient  la scène politique de l’époque. Par conséquent, Safi  tombait dans le piège de la colonisation portugaise après de longues et dures guerres   à partir de 910 de l’ère musulmane. Des monuments tels que le château de mer, la cathédrale, la forteresse d’Ayir sont des témoins de cette période chaude de l’histoire de Safi. L’arrivée des Saadiens au pouvoir mettait fin à la présence portugaise à Safi et ses régions. En effet, après des guerres ardues (947 et/ou 948   de l’ère musulmane), le scénario de la colonisation portugaise n’était  que de mauvaises réminiscences. Les Saadiens ont également pu donner à la forteresse d’Ayir sa lettre d’affranchissement  grâce à l’intervention décisive du Chérif  Abou Med Abdellah Saâdi en 1517 de l’ère chrétienne. La forteresse d’Eloualidia était, à son tour, restaurée après le déclin des portugais  par Eloualid Abou Zaidan Saâdi (le nom à partir duquel l’appellation Eloualidia tire son identité).

La région  d’Ayir.

La commune d’Ayir est sise au nord de la ville de Safi, elle est délimitée par les communes de  Badouza (du nord), et d’Eloualidia (du sud). Ayir s’étend sur une superficie de 321 km2, quant aux habitants de la région, ils font dans l’ensemble 24,176 habitants (recensement 2004). La plupart des travaux exercés à l’enceinte  d’Ayir sont l’agriculture et l’élevage des bétails.

La forteresse d’Ayir.

Comme elle est présentée dans l’ouvrage historique déjà cité, la forteresse d’Ayir est une garde maritime islamique qui se situe au nord de la ville de Safi. Voisine de la mer atlantique, la  forteresse contient deux portes ; la première  donne sur la mer et la deuxième s’ouvre sur le sens inverse. Les deux portes se distinguent par la présence de deux  grands tours à leurs dessus. La seconde porte donne aussi sur une mosquée antique qui garantit sa pérennité grâce à ses  douze piliers. Sur la porte de la mosquée on a écrit  l’expression suivante : "cette porte a été ouverte depuis 1200 de l’ère musulmane". La mosquée se compose également d’une école constituée de plusieurs chambres chose qui attestent la valeur donnée à la religion,  la science et au coran par les habitants d’Ayir à cette période.

Med Ben Ahmed ELKANOUNI LAABDI ajoute que la date de l’édification de cette forteresse est inconnue, nonobstant il est communément admis qu’elle était présente pendant le IIX siècle de l’ère musulmane. On l’appelait à l’époque "Cap d’Ayir", la forteresse d’Ayir n’a pas raté d’assujettir au colonialisme portugais, néanmoins les troupes d’intervention menées par le  Chérif Abou Med Abdellah Saâdi en 1517 de l’ère chrétienne ont obligé les portugais de  partir. L’incident de l’explosion d’un baril d’amorce  a plaidé en faveur d’Abou Med Abdellah Saâdi ce qui a causé la destruction de quelques murs et facilité la tâche aux intervenants.

La forteresse d’Ayir est habitée par des hommes venant de Sanhaja connus par le respect qu’on leur a accordé les rois de l’Islam pour leur surveillance de la mer. De nos jours la  forteresse d’Ayir a besoin d’une restauration immédiate qui peut et  assurer sa pérennité et sauvegarder la mémoire collective des Ayiriens.

 

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