12 millions de quintaux de céréales attendus, les agriculteurs globalement satisfaits

Les agriculteurs signalent une baisse de rendement à cause de pluies mal réparties dans le temps. Selon la Direction régionale de agriculture, 634 300 ha de céréales, soit légèrement moins que l’année dernière. Le maraîchage dans la région commence à tirer profit des contrats d’agrégation de l’OCE
Dans la région de Doukkala-Abda, à 70 km autour d’El Jadida, que ce soit vers Sidi Bennour ou du côté du littoral vers Oualidia, les agriculteurs affichent une réelle satisfaction. Oui, la campagne sera bonne, disent-ils, mais… Dans ce mais, on ne sait pas ce qu’il y a, au juste. Est-ce juste un bémol que les paysans opposent à un éventuel mauvais sort ? Ou serait-ce les sempiternels atermoiements dont les agriculteurs ne savent pas se départir, que l’année soit bonne ou pas !

Le coût de la main-d’œuvre a augmenté

En insistant, les paysans finissent par lâcher le morceau. Le retard des pluies ne leur a pas permis de semer à temps les céréales. Du coup, les surfaces emblavées accusent un léger recul – les chiffres de l’Office de mise en valeur agricole font état de 634 300 ha dont 46% en orge, 30% en blé tendre et 24% en blé dur. Mais il n’y a pas que cela, explique Raji Abdelaziz qui a planté un bon hectare de céréales du côté de Had Oulad Frej. Pour lui, le rendement sera beaucoup moins important que ce qui était espéré. Que s’est-il, donc, passé pour que les choses en arrivent là ? Issaad Mohamed, qui a aussi réservé trois hectares aux céréales cette campagne, fait le même pronostic. Mais quand on leur demande d’expliquer les raisons de leur déconvenue, ils commencent d’abord par incriminer la semence. Puis pressés de donner une explication plus logique, ils reviennent à un discours mieux structuré. Il y a d’abord le fait qu’il a moins bien plu que l’année dernière et surtout à la fin de la campagne. Les chiffres leur donnent raison puisque le cumul des précipitations a reculé de 13% par rapport à l’année dernière (411 mm) tout en restant largement supérieur à une année moyenne.
En fait, il y a bien eu un problème pour ce qui est des céréales dans la région et il est consigné dans un rapport de la Direction régionale de l’agriculture. Il y est attendu une baisse de productivité de 17% par rapport à la campagne précédente pour plusieurs raisons, expliquent Ahmed Radi, directeur régional de l’agriculture de Doukkala-Abda et de l’Office régional de mise en valeur agricole, secondé par Latifa Gana, sa chargée de communication. On s’attend malgré tout à une campagne assez bonne cette année, avec pas loin de 12 millions de quintaux, malgré le manque de pluie à partir de la mi-mars qui a négativement pesé sur la période de remplissage des grains.

Le maraîchage offre des opportunités intéressantes

Du côté du littoral, la céréaliculture laisse la place au maraîchage. Mais, ce qui fait défaut à la région ce sont les débouchés. A la commune de Oulad Hlal, Abdallah Salman cultive tomate, poivron et concombre. Il a une petite parcelle de 1,25 ha où il fait de la tomate sous serre. Il se plaint que cette culture exige des fonds importants. Il explique qu’il faut autour de 150 000 DH pour une exploitation convenable d’un seul hectare sous serre : près de 40 000 DH rien que pour la semence, 60 000 DH pour les produits, 50 000 DH pour le traitement… Il faut aussi compter le fumier, le support en bois, le paillage, la main-d’œuvre, etc.
Un autre agriculteur confirme. Lui, il a planté 2 ha de tomate sous serre et a commencé la plantation de la tomate en plein champ sur le terrain où il venait de récolter les poivrons. Même si on n’arrive pas toujours à suivre le raisonnement des paysans, avec quelques efforts et en mettant bout à bout les informations parcellaires qu’ils livrent souvent à contre-cœur, on comprend qu’ils sont souvent victimes des aléas de la nature, mais aussi qu’ils font des bénéfices parfois importants. Avec le prix  qui a grimpé de 3 DH en mai 2009 à 7,50 DH en mai 2010, un agriculteur peut atteindre ou même dépasser 60 000 DH de bénéfice à l’hectare. Bien évidemment, il faut que le produit arrive au bon moment sur le marché. En fait, cette année, les chiffres collectés par l’ORMVA de Doukkala-Abda montrent  que tous les légumes sont en hausse en termes de tonnage (pomme de terre en hausse de 11,71%, carotte en progression de près de 18 %, …) à l’exception  de l’oignon vert qui a reculé de plus de 17%.
Comme dans les autres régions agricoles, l’agrégation instituée dans le cadre du Plan Maroc vert devrait améliorer la situation dans le Doukkala-Abda. Les agriculteurs suivent déjà le mouvement. Trois conventions ont été signées en matière de production de lait et la Centrale laitière et Nestlé en sont les locomotives. Le maraîchage n’est pas en reste. L’OCE a, pour sa part, signé des contrats d’agrégation avec des agriculteurs dans les filières des primeurs et du maraîchage biologique.

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