L’Aïta à l’honneur à Safi

Hamid Lmardi, Kamal El Abdi, Mustafa El Miles, Jamal Zarhouni…

· Environ 40.000 personnes 

L’AÏTA, ce chant traditionnel, a encore de beaux jours devant lui! Le festival dédié à cette musique, qui s’est déroulé le week-end dernier à Safi, a rassemblé les foules. 
Safi est l’un des berceaux de l’Aïta. «L’Aïta originaire de Safi est reconnu comme le plus complexe par rapport aux autres modèles. Dans les régions de Casablanca et Chaouia, on trouve un chant plus allègre mais moins complexe du point de vue musical», indique Mohamed Kharraz, délégué provincial de la culture à Safi.
Pour cette 9e édition, neuf concerts ont été programmés. Ils se sont déroulés sur la place Moulay Youssef, dans une ambiance très intimiste. Les concerts très attendus de Hamid Lmardi, Kamal El Abdi et Mustafa El Miles ont été très applaudis. Un émouvant hommage a également été rendu à Cheikh Abdelkader Laasiri et Cheikh Larbi El Ghazar. 
Mais la symphonie de louthar, une composition du célèbre Jamal Zarhouni, figure de proue de l’Aïta traditionnel, interprétée pour la première fois le 3 juillet lors du 1er Festival national de louthar à Ben Ahmed organisé par l’Association des cadres et fonctionnaires de la province de Settat, a également conquis les 40.000 spectateurs présents. L’artiste a effectué un travail gigantesque de recherche de textes anciens de l’Aïta pour lui rendre toute sa clarté. Un travail qui lui a demandé des années de recherche, mais qui lui a permis de ressusciter tout un patrimoine. 
Si l’Aïta authentique peut encore séduire le public aujourd’hui, pourtant, de nombreux artistes s’orientent vers une modernisation de l’Aïta. «Les troupes authentiques, qui recherchent les textes les plus anciens et qui utilisent exclusivement les instruments traditionnels sont de plus en plus rares», explique Kharraz. 
Les artistes modernistes s’efforcent de rendre plus accessibles les rythmes de l’Aïta, en intégrant d’autres instruments, tels que l’orgue et la boîte à rythme. «Intégrer ces instruments permet d’améliorer la musique et de produire des rythmes plus faciles à entendre. Cela nous permet de toucher un public plus jeune et de réinventer ce chant traditionnel», indique une artiste moderniste. 
A noter qu’un débat existe concernant les origines de l’Aïta. Pour certains chercheurs, ce chant est apparu avec l’activité humaine. 
Pour d’autres, il est lié à une période précise, à savoir le 19e siècle et le début du 20e siècle, lorsque les caïds se sont imposés et jouissaient d’un pouvoir très puissant, indépendamment du pouvoir central. 
Dans cette deuxième interprétation, l’Aïta est perçu comme un chant de révolte et d’opposition contre le pouvoir de ces chefs

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :